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Le Globe d'Emilie

Le Globe d'Emilie

Une jeune femme expatriée, des expériences uniques et beaucoup d'humour. Des conseils, des bonnes adresses à Düsseldorf et ailleurs.

Burg Eltz

Je vous avais fais part de mon Petit trip au Burg Eltz dans l'Eifel il y a quelques semaines c'est le Moment de vous en reparler.

C'est un joli Petit château fort qui est entre les mains de la même famille depuis des décennies, situé en plein Milieu d'une forêt et en hauteur il offre une vue à couper le souffle dans un environnement très pittoresque (d'ailleurs j'ai eu beaucoup de respect pour ceux qui ont construits  ce château). Comme tout château fort il offrait protection à celui qui l'occupait, et pour se Souvenir de qui l'occupait il faut faire un bond en arrière dans l'histoire Allemande, à l'époque où ce n'était pas encore un pays mais le Saint-Empire romain germanique constitué de terres dirigées par des grands-electeurs.

Je ne vais rien inventer ici, donc voici une Chronologie relative au Burg Eltz, qui au passage n'a jamais été détruit (Made in Germany... forcément)

Cela constitue huit siècles d'histoire pour un si Petit château !!

Eltz est l’archétype du château fort allemand. Jamais détruit, propriété de la même famille depuis des siècles, ce château riche de son histoire et entouré de légendes a accueilli de grands personnages et abrite de nombreuses œuvres d’art. Vous trouverez ci-dessous un aperçu historique émaillé d’anecdotes et d’informations:

IXe – XIIIe siècle
Les châteaux forts sont un type d’architecture militaire qui apparaît en Allemagne au IXe/Xe siècle. Venant remplacer les maisons seigneuriales protégées par un mur en terre et une palissade, ces ensembles défensifs en pierre vont connaître leur apogée entre la fin du XIe et le milieu du XIIIe siècle, c’est-à-dire à l’époque où la maison de Hohenstaufen règne sur le Saint Empire romain germanique. C’est également de ces temps troublés que date la première mention du nom "Eltz" dans un document officiel.

1157
En l’an de grâce 1157, Rudolf von Eltz signe et appose son sceau en tant que témoin sur une donation faite par l’empereur Frédéric Ier Barberousse. La bâtisse dominant la rivière Elzbach n’est alors qu’une demeure de dimensions modestes, dont subsistent encore le donjon roman "Platt-Eltz" et les quatre étages inférieurs de l’actuel bâtiment Kempenich où se trouvent notamment la plus vieille cheminée peinte d’Allemagne et un arc roman récemment dégagé, lui aussi agrémenté d’un décor peint.

Le château est construit à un emplacement stratégique, entre d’une part l’Eifel et les terres fertiles du Maifeld, d’autre part la Moselle qui compte à l’époque au nombre des principales routes commerciales du Saint Empire. Le site est particulièrement propice: entouré par la rivière Elzbach sur trois côtés, le château repose sur un piton rocheux de forme elliptique haut d’environ soixante-dix mètres. Son architecture épouse la topographie, ce qui explique la forme irrégulière des différentes pièces.

1268
À une date antérieure à 1268, le château et les domaines y afférant échoient aux frères Elias, Wilhelm et Theoderich von Eltz sous forme de ganerbinat, ce qui signifie que les trois branches de la maison d’Eltz en sont conjointement propriétaires et y cohabitent.

1300 - 1311
La tour aujourd’hui appelée "petit Rodendorf" est construite entre 1290 et 1300 au nord du bâtiment roman, probablement au bénéfice de Theodorich zu Eltz de la branche "aux cornes de buffle".

Johann zu Eltz, de la branche "au lion d’argent", fils du susnommé Wilhelm, ordonne pour sa part la construction des cinq étages inférieurs de l’actuel bâtiment Rübenach.

1331 - 1336
Afin de contrer les visées expansionnistes de Baudouin de Luxembourg, archevêque et prince Électeur de Trèves, les trois seigneurs d’Eltz s’allient à d’autres nobles locaux et se lancent dans une campagne d’hostilités que l’Histoire a retenue sous le nom de "faide d’Eltz". C’est d’ailleurs ici qu’à lieu, en 1331, la première attaque au canon au nord des Alpes. Celle-ci n’étant pas concluante, les troupes de l’archevêque assiègent le château, font construire le donjon de Trutzeltz dont il subsiste encore des ruines et y installent des catapultes.

Les seigneurs d’Eltz capitulent en 1336 et les fortifications sont rasées mais le château proprement dit reste une "maison forte". Cet épisode sera le seul fait de guerre ayant jamais affecté Eltz, la paix qui s’ensuit devant durer des siècles grâce à une habile diplomatie, une politique d’alliances familiales intelligente et le soutien occasionnel mais très précieux des seigneurs voisins.

Seconde moitié du XVe siècle
Des travaux sont réalisés au bâtiment Rübenach dans la seconde moitié du XVe siècle: construction de deux étages supplémentaires et de la charpente actuelle (1442), rajout d’un escalier sur la façade nord (1444), exécution de magnifiques peintures murales à la demande de Lanzelot et Wilhelm de la branche "au lion d’argent" (1472).

Avec ses tourelles polygonales à colombages, son oriel reposant sur deux colonnes en basalte et son encorbellement derrière lequel se trouve un magnifique oratoire de style gothique tardif, le bâtiment Rübenach présente des éléments d’architecture riches et variés sur sa façade donnant sur la cour intérieure.

À noter: le nom "Rübenach" vient de la prévôté éponyme des environs de Coblence dont Richard von Eltz au lion d’argent fit l’acquisition en 1277.

1490 - 1540
Le "grand Rodendorf" est construit entre 1470 et 1520 et doté d’un porche voûté reposant sur trois piliers. Ce bâtiment intègre une chapelle figurant une magnifique voûte réticulée de style gothique tardif (l’actuelle salle des Bannières) et sera ultérieurement rehaussé de quatre étages.

À noter: le nom "Eltz-Rodendorf" trouve son origine dans le mariage de Hans Adolf von Eltz et Katharine von Brandscheid zu Rodendorf, célébré en 1563, qui fit tomber dans l’escarcelle familiale la seigneurie lorraine de Château-Rouge – Rodendorf en vieil allemand –, située dans le bailliage de Bouzonville.

1510 - 1581
La noble maison von und zu Eltz se distingue dans les principautés ecclésiastiques de Trèves et Mayence, auxquelles elle va donner plus de soixante-dix nonnes et prélats en l’espace de quatre siècles. L’Histoire retiendra surtout le nom de Jakob zu Eltz (1510–1581), l’un des plus grands souverains de l’Électorat de Trèves.

Après avoir étudié à Louvain, il est nommé chanoine de la cathédrale de Trèves le 15 septembre 1525 et en devient l’archiprêtre le 13 octobre 1547. Recteur de l’université à partir de 1564, il devient archevêque et Électeur de la principauté de Trèves lorsque le chapitre de la cathédrale, réuni à Coblence, l’élève à cette fonction trois ans plus tard.

S’affirmant comme l’un des principaux chefs de la Contre-Réforme, Jakob zu Eltz s’appuie sur les Jésuites pour mener à bien son action. Mais Trèves est alors au pouvoir des luthériens et des calvinistes, de sorte qu’il doit diriger ses États à partir de la ville voisine de Wittlich. Ce n’est que le 27 mai 1580, après treize années de dures négociations et même de combats, qu’il peut faire son entrée à Trèves sous les acclamations de la population qui lui jure fidélité et obéissance. Il meurt le 4 juin de l’année suivante.

1604 - 1661
Le bâtiment roman et ses dépendances sont surélevés d’un à trois étages, principalement en colombages, formant ainsi l’actuel bâtiment Kempenich qui se dresse au sud-est de la cour intérieure du château. Une citerne est également aménagée sous l’imposante tour de l’escalier afin d’assurer l’alimentation en eau de tout l’édifice.

L’entrée principale du bâtiment Kempenich est un porche dont les deux piliers octogonaux en basalte supportent un oriel. Sur les arches du porche se trouve une double inscription ("BORGTORN ELTZ 1604" et "ELTZ-MERCY") qui renvoie au début des travaux de modernisation et d’agrandissement du bâtiment roman et à leurs commanditaires.

Les travaux, interrompus par la guerre de Trente Ans, reprennent au milieu du XVIIe siècle à l’initiative de Hans Jacob zu Eltz et son épouse, Anna Elisabeth von Metzenhausen. Les armoiries du couple figurent sur les clés de voûtes du porche (1651) et – sous la forme de magnifiques armes d’alliance de style baroque – au-dessous de la fenêtre centrale de l’oriel (1661). On les retrouve sur la grille en fer forgé de la salle du rez-de-chaussée ainsi que sur la rambarde de la terrasse.

Au terme d’une période de construction s’étirant sur plus de cinq siècles, Eltz forme un ensemble architectural harmonieux qui témoigne de tous les styles allant de l’art roman au baroque précoce. C’est un château concentrique dont les huit bâtiments comptent une centaine de pièces regroupées autour d’une cour intérieure de dimensions modestes. Une centaine de membres de la maison d’Eltz et autant de domestiques y habitent.

1624
Hans Jakob zu Eltz occupe lui aussi une fonction importante dans la principauté de Trèves: promu maréchal héréditaire le 15 juin 1624, il devient commandant en chef des troupes princières en temps de guerre et peut transmettre cette fonction à ses descendants.

1665 - 1743
Philipp Carl zu Eltz, Électeur de Mayence et archichancelier du Saint Empire romain germanique, va porter la maison d’Eltz au faîte de sa puissance politique. Né en 1665, il intègre à vingt-et-un ans le séminaire "Germanicum et Hungaricum" de Rome. Cantor de la cathédrale de Mayence, archidiacre de Trèves et chanoine des deux cathédrales, il apporte son soutien à Georg von Schönborn, candidat de l’empereur, lorsqu’il faut placer un nouveau prince à la tête de l’Électorat de Trèves en 1719. En 1732, il fait l’unanimité sur sa personne et devient Électeur de Mayence, ce qui fait de lui le chef catholique le plus puissant au nord des Alpes. De plus, en sa qualité d’archichancelier du Saint Empire, il est appelé à présider la diète de Ratisbonne, où il s’affirme comme le personnage le plus puissant après l’empereur. Cette position lui permet d’imposer la Pragmatique sanction qui autorise l’archiduchesse Marie-Thérèse à hériter de toutes les possessions de la maison d’Autriche, bien que cela soit théoriquement impossible en vertu de la loi salique.

Durant la quasi-totalité de son règne, l’Électeur Philipp Carl zu Eltz défend les intérêts de l’empereur Charles VI, formant par exemple une alliance avec les principautés de Trèves et Hanovre contre la Bavière. Néanmoins, soumis à de fortes pressions par la France, il apporte son soutien à Charles-Albert de Wittelsbach, duc de Bavière, qui peut ainsi être élu empereur en 1742 sous le nom de Charles VII. Philipp Carl meurt l’année suivante en regrettant ce soutien apporté aux Wittelsbach, considéré comme une trahison par la maison de Habsbourg.

1688 - 1689
Les troupes françaises détruisent la plupart des châteaux rhénans durant la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Hans Anton, seigneur d’Eltz et Üttingen, parvient toutefois à préserver le sein car, s’étant mis au service des Français en tant qu’officier supérieur, il fait rayer Eltz de la liste des places-fortes à détruire. La soldatesque française s’approchant néanmoins du château, les habitants de Müden ont recours à une ruse pour mettre fin à ses rapines: ils attirent les pillards dans un champ de blé mûr et y mettent le feu.

1733
L’empereur Charles VI confère à la branche Eltz au lion d’or le titre de comte palatin d’empire en raison des services rendus à la couronne durant les guerres de religion et les guerres ottomanes. Les représentants de la maison d’Eltz jouissent ainsi de nombreux privilèges et peuvent notamment affranchir les serfs, anoblir au nom de l’empereur, nommer notaires, juges et greffiers, légitimer les enfants naturels et accorder aux roturiers des armoiries avec cimier.

1736
Les possessions de la maison d’Eltz s’étirent avant tout sur les principautés de Trèves et Mayence. À ces domaines très étendus vient s’ajouter la seigneurie de Vukovar acquise en 1736. Les comtes von und zu Eltz installent alors leur résidence principale dans cette région de Slavonie orientale et y resteront jusqu’à leur expulsion en 1944.

1794 - 1815
Durant l’occupation française de la rive gauche du Rhin à l’époque révolutionnaire puis napoléonienne, le comte Hugo Philipp zu Eltz est tout d’abord considéré comme émigré, de sorte que le château et les domaines rhénans et des environs de Trèves de celui qu’on appelle alors le "citoyen comte Eltz" sont placés sous l’autorité du commandant de la place de Coblence. Mais il s’avère bientôt que le comte n’a pas émigré et qu’il demeure à Mayence, de sorte qu’il recouvre la jouissance de ses biens et de ses rentes dès 1797.

En 1815, le comte Hugo Philipp zu Eltz-Kempenich achète au baron Eltz-Rübenach le bâtiment éponyme et toutes les propriétés foncières y afférant, de sorte qu’il devient le seul propriétaire de l’ensemble car les Eltz-Kempenich avaient déjà recueilli l’héritage de la branche Eltz-Rodendorf après qu’elle se fut éteinte en 1786.

1845 - 1888
À l’époque romantique et alors que l’intérêt pour le Moyen Âge va croissant, le comte Karl zu Eltz s’emploie à restaurer le château de ses ancêtres. Ces travaux, qui débutent en 1845 pour s’achever en 1888, vont engloutir la somme colossale de 184 000 marks, c’est-à-dire l’équivalent d’environ quinze millions d’euros. Alors que les travaux effectués au siècle précédent avaient souvent apporté des modifications radicales au bâtiment, le comte procède à la restauration avec soin et intelligence et en veillant à respecter le patrimoine bâti, de sorte que les spécialistes du XXIe siècle en apprécieront encore le résultat.

1976 - 1982
Le comte Jakob zu Eltz et son épouse, la comtesse Ladislaja, mettent à profit un programme fédéral de lutte contre le chômage pour faire restaurer les murs du château, qui en ont cruellement besoin.

1990 - 1998
Le comte Jakob zu Eltz devient membre du parlement de Croatie lorsque le pays recouvre son indépendance. Il occupe cette fonction entre 1992 et 1998 et fait partie du comité des Affaires étrangères. Également membre du Conseil de l’Europe, il est le premier représentant de la maison d’Eltz à intégrer l’ordre de la Toison d’or. Il meurt en 2006.

Le château d’Eltz aujourd’hui
Le château fait partie du patrimoine de la maison d’Eltz depuis plus de huit siècles. Le propriétaire actuel, Dr Karl Graf von und zu Eltz-Kempenich, allias Faust von Stromberg, réside à Francfort-sur-le-Main.

Des travaux réalisés entre 2009 et 2012 avec l’aide du Programme conjoncturel II, du Service des bâtiments historiques de Mayence et de la Fondation des bâtiments historiques ont permis non seulement de rénover le toit du bâtiment "Platt-Eltz", mais aussi de consolider certains éléments et de rénover les toits, les colombages et les équipements techniques des bâtiments Rodendorf et Kempenich.

La Visite guidée est obligatoire et en allemand (je me suis beaucoup ennuyée... cependant j'ai quasiment tout compris!), on Visite une bonne partie du château. C'est un château à faire puisque cela permet d'apprendre un peu plus sur l'histoire Allemande, de se balader dans une région volcanique (oui oui vous avez bien lu !) et cela à seulement deux heures en voiture de Düsseldorf !

J'espère que je vous ai donné envie de découvrir ce très joli château fort, et je vous souhaite un très chouette week-end !

Bis bald !

Burg Eltz
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