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Le Globe d'Emilie

Le Globe d'Emilie

Une jeune femme expatriée, des expériences uniques et beaucoup d'humour. Des conseils, des bonnes adresses à Düsseldorf et ailleurs.

On dit de Leipzig qu’elle volera la vedette à Berlin…

On dit de Leipzig qu’elle volera la vedette à Berlin…
On dit de Leipzig qu’elle volera la vedette à Berlin…

 

On dit de Leipzig qu’elle est le nouveau Berlin, le nouveau Hype. 27 ans après la chute du mur qu’en est-il réellement de la capitale de la rébellion qui se fait appeler Hypzig.


Il y a un peu plus de 27 ans, un peuple criait « Wir sind das Volk » (nous sommes le peuple), un slogan encore très imprégné aujourd’hui dans le cœur des gens, parce qu’ils veulent rester le peuple d’Allemagne avec leurs voix, avec leurs revendications.
Leipzig, petite sœur dans l’ombre de la grande


Leipzig tire son nom de Tilleul, d’où le nom romantique des habitants de Leipzig, les Lipsiens. D’ailleurs il n’y a pas que ça de romantique, le Tilleul est un symbole de l’amour éternel. Voilà sans doute pourquoi les Lipsiens se tiennent la main dans les ruelles, quel que soit leur âge.
Leipzig est reposante après avoir vécu la vie trépidante de Berlin. Son centre-ville est coquet et ressemble sous certains aspects à Paris de la Grande Epoque. Notamment piétons, il n’est pas le seul cœur de la ville. Les quartiers sud de Leipzig sont les quartiers alternatifs et artistiques, ceux des restaurants vegan et des bars dont le « Noch besser leben » (Vivre encore mieux).


Ce qui est impressionnant à Leipzig, ce sont ces grandes villas qui se meurent sur le pavé, ces industries désertes que les plantes grignotent et la Spinnerei, ce complexe de briques rouges.
C’est immense Spinnerei. Anciennement filature cotonnière de Leipzig situé à Plagwitz, elle est l’endroit de l’art et de la culture. Des expositions de peintures et sculptures sont régulièrement organisées.


Leipzig est surtout une ville d’art qui cherche la concurrence avec Berlin en développant un style figuratif quand Berlin préfère rompre avec la tradition.


Ce qui est fascinant à Leipzig, c’est la facilité de s’installer dans un appartement. A deux heures de Berlin, les logements sont disponibles, plus spacieux, et le cadre tout aussi vert. Pour beaucoup et parce qu’elle a du potentiel, certains investisseurs viennent acheter des grands ensembles pour les louer, car la demande est grande, les prix de l’immobilier les moins chers d’Allemagne et le terreau fertile.


En général dans la Saxe, l’humeur qui s’y propage


L’Ostalgie, qui est la nostalgie du bloc de l’Est, n’est pas qu’une légende. Elle est incrustée dans le cœur des Ossies (gens de l’Est). On se resserre un Vita Cola et du champagne au goût café. On se rappelle l’époque où les femmes étaient indépendantes jusque dans leurs vies amoureuses, qu’il y avait une liberté de se marier et de divorcer, qu’on voyait des Citroën et des Peugeot rouler malgré le mur ; dans les Citroën des membres du gouvernement, dans les Peugeot des artistes (cf. Werner Tübke).


Les gens de l’Est ont souffert de la chute du mur. Beaucoup se retrouvent au chômage, la culture de l’Ouest s’impose à eux, avec acharnement. Il en va de l’égalité hommes-femmes, de l’éducation, des logements assurés, de la solidarité et du travail. Le capitalisme s’est longtemps opposé au communisme, l’un ayant évincé l’autre. Ce fut le combat du siècle. Aujourd’hui, la nostalgie est forte, en Saxe surtout. Sans doute est-ce aussi une part de leur jeunesse qu’ils regrettent et qu’ils transposent sur la RDA.


« Bien sûr on devait attendre une éternité avant d’avoir une voiture, bien sûr il ne valait mieux pas trop critiquer le gouvernement, mais nous étions libres et protégés. » Voilà ce que raconte Sylvie qui vit en Saxe.  Elle raconte l’alcool qui coulait à flot et ce pasteur qui vivait de libertinage. Son fils est devenir peintre parce qu’en RDA les artistes ne souffraient de rien si ce n’est d’un peu d’arrogance. Voilà pourquoi fleurissent depuis Berlin et Leipzig des boutiques de souvenir de la DDR où des coquetiers poules en plastique se vendent comme des petits pains. Des marques de la RDA refont surface, reprises par des industriels. Les recettes ne sont pas toujours originales, mais le nom reste. Parmi elle Florena pour les cosmétiques, Rotkäppchen pour le champagne et Spee pour la lessive.


Le mot de la fin


Leipzig, qui est à 1h en train de Berlin, est une ville pétillante et pleine de ressources qui ne remplacera jamais la capitale. Elles sont toutes les deux trop contraires. C’est ce qui fait leurs charmes. Leipzig est plus intime, moins connue aussi, plus accessible sur tous les plans. Elle est à échelle humaine. De plus elle nous permet un saut dans le passé, parce qu’ici on se souvient d’une autre époque, d’une autre culture, d’une autre solidarité.
Laure Zehnacker

 

Merci à Laure pour son joli texte ce qui nous permet aussi de nous ouvrir sur l'Allemagne de l'Est et de découvrir d'autres aspects de ce grand pays (pas si grand en réalité...). Si vous aussi vous voulez contribuer au blog, en partageant votre expérience, vos coups de coeur, votre ressenti ou vos coups de gueule d'expat en Allemagne, envoyez moi votre texte soit sur facebook (le globe d'Emilie), soit directement dans la page contact du blog !

Bis bald.

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Laure 25/09/2017 10:01

Merci Emilie :)